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La crise s'invite dans les chiffres

Le printemps est la période par excellence pour jeter un œil sur l'année écoulée. Que ce soit les chiffres de la fédération professionnelle des assureurs (Assuralia) ou ceux de l'union professionnelle du crédit (UPC), tous trahissent l'avancée de la crise.

Le secteur des assurances

Le secteur des assurances a obtenu un léger sursis mais n'a pas pour autant été épargné par la crise qui s'est fait sentir durant le dernier trimestre 2008. Au total, les encaissements se sont élevés à € 29 milliards l'année dernière, soit
7 % de moins qu'en 2007. Le segment le plus touché a été le segment Vie avec un recul des encaissements de l'ordre de 11,6 %. Les assurances vie individuelles sont plus particulièrement à l'origine de ce résultat teinté de rouge avec un recul de 15,3 % (-9 % pour la branche 21 et -42 % pour la branche 23). Les assurances de groupe ont quant à elles bien résisté avec une légère croissance de 3,1 %.
Le segment Non-Vie a lui enregistré une progression de 3,7 %, avec une performance tout à fait honorable de l'assurance maladie (+9,1 %). Les produits financiers de certains assureurs ont été mis sous pression par la crise. Le malaise boursier lancinant a conduit à des moins-values durables et donc à des amortissements.

Assuralia ne peut certes pas encore prédire l'avenir, mais les perspectives de la fédération professionnelle pour 2009 sont réalistes. Les sociétés vont faire attention aux coûts et la baisse de l'emploi aura également un certain impact sur les assurances des sociétés. Une récession économique va souvent de pair avec une augmentation de la fraude et une réduction de la prévention, ce qui ne sera pas sans effet sur les statistiques de sinistres. Une augmentation des primes apparaît également inévitable. Pourtant, les assureurs restent dans une situation nettement plus enviable que celle des banques.

Le marché des crédits

La crise en Belgique se fait également sentir sur le marché des crédits, mais il n'est pas question d'un krach comme dans certains pays. Pour la première fois depuis deux ans, le nombre de crédits hypothécaires a même augmenté légèrement de 0,4 % en 2008. Les rénovations ayant été très importantes, ces crédits ont été très prisés (+17,2 %). Les crédits pour l'achat d'une habitation ont fait un peu moins bien avec un recul de 2 %. Le nombre de prêts à la construction a même diminué de 9 %. Globalement, le montant total des crédits hypothécaires accordés en 2008 a diminué de 2,2 %.

Les emprunts à taux fixe restent très prisés et représentent un peu plus de
83 % de part de marché. Si l'on y ajoute également les crédits à taux fixe les dix premières années ou plus, cette part de marché passe même à plus de
93 %. Pourtant, les crédits à taux variable sont actuellement en train d'opérer un mouvement de rattrapage avec une part de marché qui est passée de 4,6 % en 2007 à 7,5 % en 2008. En moyenne, le montant emprunté l'année dernière s'est élevé à € 126.683, soit un peu plus que les € 126.176 de 2007.

La crise sur le marché des crédits s'est également fait sentir plus durement durant le quatrième trimestre avec une baisse des demandes de 4 %. Le montant des emprunts a lui aussi diminué de 11 %. Le marché a été plus particulièrement touché en novembre avec 12 % de contrats en moins par rapport à la même période en 2007. La tendance s'est toutefois inversée en décembre pour évoluer à nouveau dans la bonne direction. Selon l'UPC, l'avenir "ne s'annonce guère rose mais reste prometteur".

 

Extrait de Delta Lloyd Life